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dimanche 11 mai 2008

AGAGA

Dimanche 11 mai 2008 : Comme bien souvent, à l’heure de midi, le café coule et le chat a faim. Aujourd’hui, c’est dimanche et le beau temps impose son soleil de plomb. J’attends avec impatience que ce perco ait fini son œuvre car il me tarde d’oublier cet arrière-goût de Dafalgan que je viens de prendre pour contrer une migraine fortement désagréable.
Mon plus grand plaisir dans la journée, c’est, sans commune mesure, le moment où je constate que mon petit Gaspard apprécie ce que je lui donne à manger. Sa queue frétille, il fait des cercles de va-et-vient comme s’il était attaché à son assiette et qu’il ne pouvait pas s’en éloigner tant que son estomac implorait les douces caresses de la terrine de thon ou du poulet/dinde en sauce. Je suis donc son rituel avec beaucoup de satisfaction.
Puis, dans sa promenade post-festinale, il s’arrête en plein milieu de la cour et me regarde fixement au travers de la fenêtre. Je ne comprends pas tout de suite ce qu’il essaye de me communiquer mais ça ne va pas tarder à venir… Je lui pose donc la question à haute voix car oui, effectivement, je parle à mon chat !

- Dolly : « Qu’est-ce qu’il y a, Gaspard ? »

Son regard persiste et soudainement j’entends :

- Agaga : « Agaga ! »
- Duella : « Shhht ! »

Là, je sens qu’une présence n’est pas très loin et, comme par réflèxe, mon regard se porte sur la terrasse-mirador. Effectivement, Duella avait conduit Agaga au rebord sécurisé du précipice, lui permettant ainsi de contempler la vue imprenable que Papa et Maman avaient réussi à arracher au mépris du voisinage.
Le « Shhht ! » de Duella représentait manifestement la gêne qu’elle éprouvait au moment où elle réalisa que leur simple présence était sans conteste une intrusion dans la vie privée de son voisin et, pour ne pas être prises en flagrant délit de violation oculaire, Duella choisit de rebrousser chemin en compagnie de la charmante Agaga.
Je vis, malgré moi et par la nonchalance d’un vent timidement courageux, ce qu’il n’est généralement pas autorisé de voir chez sa voisine, de surcroît mariée, sa petite culotte. Ce n’est quand même pas de ma faute si l’on finit par être témoin de choses saugrenues du simple fait que l’on habite chez soi et que l’on voit s’offrir en hauteur, au gré des secouettes venteuses.